Cette année Pâques est tombée fin mars, la saison idéale pour faire de la randonnée !? Encore trop de neige dans les Alpes et ça caille sévère dans le Jura. La solution ? Se les cailler dans le Jura pardi ! Et découvrir une superbe forêt à la frontière franco-suisse. Bienvenue chez les Combiers !

Le résumé
Quand : du 29 au 31 mars 2024
Météo : franchement pas terrible, entre sable du Sahara et pluie constante du 30 au 31
Départ/Arrivée : Vallorbe/Le Brassus (voir l’itinéraire)
En quelques mots : très belle découverte pour l’entre saisons. Des abris partout et un circuit idéal pour commencer le printemps avec des dénivelés doux.
Données techniques et itinéraire
Compte rendu de la randonnée
Le week-end de Pâques : 4 jours lors de l’entre saisons. L’idéal pour faire un premier test matériel de randonnée et de bivouac. Après avoir regardé les conditions d’enneigement et la météo sur mes applications préférées, les Alpes étaient exclues et les crêtes du Jura également. Les conditions étaient effectivement tempétueuses et la neige encore présente (heureusement, nous sommes encore fin mars !). Je nous ai donc dessiné un itinéraire dans un coin que je ne connaissais pas : la Forêt du Risoux à la frontière entre la vallée de Joux et la France.

Les objectifs sont multiples :
- Trois journées à environ 15 kilomètres par jour pour se remettre en jambe. Un dénivelé positif de 1300m essentiellement concentré les deux premiers jours.
- Partir avec un poids sensiblement similaire à ce que j’envisage pour notre expédition à venir aux Lofoten (#staytuned). C’est à dire que je porte l’essentiel de l’équipement afin que Laura puisse protéger son genou.
- Première expérience camping sur deux jours pour Laura, l’objectif est de la surmotiver pour les Lofoten.
- Tester le nouveau matériel, notamment : le sac Seek Outside Gila, le matelas gonflable Exped Ultra 3R ainsi que le Quilt Accomplice de Enlightened Equipment
Le bilan :
- Finalement on aura fait 40 kilomètres, en allongeant un peu la deuxième journée pour s’abriter dans un refuge afin de survivre à une tempête verglaçante. On aura raccourci la dernière journée car la solution de repli choisie nous a éloigné du sentier.
- Au niveau du poids c’était tip top. Je suis parti avec une petite quinzaine de kilos (dont plus de 4 litres d’eau) et le sac a parfaitement fait le job. Encore trop tôt pour rédiger un test complet mais encourageant pour le moment.
- Le retour de Laura, alors dégoutée ? Certainement pas ! Enthousiaste pour la suite…
- Outre le sac, la combinaison matelas deux places +quilt deux places a été top. Nous partons régulièrement camper en couple et la possibilité de partager un matelas était géniale. Je ne dors généralement pas bien en montagne mais là aucun souci.
Et le Risoux ?
Selon différents sites, la Forêt du Risoux est la plus grande forêt d’un seul tenant d’Europe. Je suis un peu sceptique sur ce genre de « records » qui me fait penser aux statistiques de football du type « le premier footballeur à marquer un but à l’extérieur entre 84ème et la 87ème minute un mercredi soir ». Mais enfin bref !
La Forêt du Risoux est surtout un lieu chargé d’histoire. Pendant la seconde guerre mondiale, cette forêt a vu passer de nombreux réfugiés de toutes origines, persécutés par le régime de Vichy et les Nazis. Des réseaux de passeurs, de contrebandiers et d’espions arpentaient les dédales de cette forêt.
Lors de notre randonnée, malgré une météo peu clémente, nous avons été fascinés par la forêt. Dès que le regard quitte le sentier (d’ailleurs très bien marqué !), il se perd dans les tapis de mousse d’un vert vif et des épicéas qui font grise mine. Le sentier alterne entre passages goudronnés, chemins forestiers et sentiers de randonnée. Ce sont ces derniers qui sont les plus agréables et qui donnent l’impression de plonger dans une forêt vierge et protégée.

Autre particularité du Risoux : les refuges. Ils portent des noms étranges (Rendez-vous des Sages, La Marocaine, la Sauvageonne, Corne Au Fer) et forment un véritable quadrillage dans la forêt. Ils sont en priorité réservés aux services forestiers mais sont également à la disposition des randonneurs. Ils sont généralement cosy (donc petits mais confortables !) avec une table et quelques bancs. Idéal pour casser la croute mais trop petit pour y dormir (ce n’est de toute façon pas permis, sauf en cas de détresse).
Les conseils
- Prenez suffisamment d’eau ! C’est le Jura, donc même s’il pleut, il y a très peu de sources. L’itinéraire proposé passe par une seule source (au tout début, donc pas ultra utile). Il semblerait qu’il y ait des possibilités dans certains refuges mais elles ne fonctionnaient pas lorsque nous sommes passés. Prévoyez donc d’être totalement autonomes en eau.
- Arrêtez vous aux refuges ! Pas tous évidement mais ils sont parfaits pour faire des pauses de temps en temps. Nous avons eu la chance de rencontrer un trio de passionnés qui nous a raconté l’histoire des lieux et qui nous a même donné une saucisse (nous étions affamés – c’était incroyable).
- Prenez soin des refuges ! Des refuges en accès libre et en bon état ? C’est très rare. Visiblement certains refuges proches des routes ont subi des déprédations. Ces refuges sont un bien commun, si vous les utilisez, remettez les au propre avant de partir.
- Toute la forêt est comprise dans le Parc Jura Vaudois, il s’agit donc de la protéger et de ne pas quitter les sentiers. Nous n’avons pas croisé de panneau spécifique mais il nous semble que le seul endroit où bivouaquer soit à proximité directe des refuges. Les lieux sont d’ailleurs parfaits pour cela : relativement plats, avec de quoi s’asseoir ou s’abriter en cas de force majeur.
- Il s’agit d’une région encore préservée du tourisme de masse. Allez-y mais évitez que cela devienne le prochain hotspot de l’insta-tourisme.













